Propagande oui, instigation non : les motifs de la condamnation des « portes nazies »

Moderator: Moderator

User avatar
phdnm
Valuable asset
Valuable asset
Posts: 3922
Joined: Tue Jun 05, 2012 12:11 pm

Propagande oui, instigation non : les motifs de la condamnation des « portes nazies »

Postby phdnm » 5 days 5 hours ago (Tue Sep 14, 2021 7:15 am)

Propagande oui, instigation non : les motifs de la condamnation des « portes nazies »

13 septembre 2021

Aoste – Les motifs pour lesquelles le juge Maurizio D'Abrusco a reconnu coupable Fabrizio Fournier, 55 ans, de Saint-Vincent à l'issue de l'audience du 7 juillet sont connus. Les défenseurs annoncent un appel.

En publiant sur Facebook des vidéos négationnistes diffusant via Whatsapp un film du même contenu et affichant des symboles nazis et des justifications de l'Holocauste sur les grilles de sa maison à Saint-Vincent, Fabrizio Fournier - l'homme de 55 ans condamné le 7 juillet dernier à cinq mille euros d’amende par le juge unique Maurizio D'Abrusco – a commis des actes qui « incriminent le crime litigieux ». Le magistrat le met noir sur blanc dans les motifs du jugement publié ces derniers jours.

L'homme avait fini par être jugé pour propagande, incitation au crime et discrimination raciale, ethnique et religieuse. « Le comportement constaté – poursuit le juge – porte atteinte en réalité au bien protégé par la loi, qui est en premier lieu l'égalité des individus », car « d'une part les symboles incriminés exaltent celui qui est l'expression maximale de la haine raciale » (dans un message vocal, l'accusé avait défini les chambres à gaz comme des « canulars » servant à faire passer pour des « monstres » des gens qui ne l'étaient pas du tout, dont « le grand Adolf Hitler ») et « de l'autre, ils avilissent et dégradent en mystifiant les victimes mêmes de cette haine ».

Propagande basée sur la négation de la Shoah

Les mêmes actions, cependant, « n'intègrent cependant pas également le cas d'instigation, également contesté en plus de celui de propagande, car aucune des actions décrites ne peut être considérée comme visant à convaincre des tiers de se livrer à des comportements discriminatoires ». En effet, « l'instigation requiert, au regard de la propagande, le « quid pluris » de l'incitation à mener des actions spécifiques motivées à des fins de discrimination, ce qui en l’occurrence n'est acquise dans aucune des actions menées » par Fournier.

Il y a cependant « la circonstance aggravante contestée, puisque la propagande, menée avec le comportement décrit, est essentiellement basée sur la négation, plutôt que sur la minimisation de la Shoah, des crimes de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre et les moyens utilisés sont de nature à déterminer concrètement le danger de diffusion, au regard notamment du potentiel de diffusion inhérent aux outils utilisés », par les réseaux sociaux et la messagerie instantanée.

Tout commence par la saisie des portes

L'affaire a éclaté en 2018, lorsque les Digos (police politique) s'étaient emparés des grilles figurant l'aigle et les triangles, qui pour le Parquet d'Aoste étaient ceux (les triangles) utilisés par le régime nazi pour identifier les détenus des camps de concentration en fonction des motifs supposés de leur détention. Par le biais de perquisitions et d'investigations, les enquêteurs ont ensuite incriminé l'homme pour son comportement visant à nier la Shoah.

L'accusé ne pouvait manquer de savoir

À cet égard, le juge note que « l'accusé s'est avéré être une personne instruite » et « les innombrables textes historiques qu'il possédait » démontrent « la connaissance certaine de la valeur et du sens actuels de symboles incriminés, ainsi que la conscience sûre de la manière dont ces symboles sont considérés dans le sentiment commun des gens dans le moment historique actuel et en particulier dans la communauté locale ». D'autant plus que « de la route d’où les grilles étaient visibles conduisait à la Chapelle des Partisans d'Amay où se trouve le cimetière de ceux tombés assassinés par les nazi-fascistes ».

Réponses « moqueuses » et « écœurantes »

Par ailleurs, au procès, concernant les aigles (reproduits, selon un spécialiste de l'histoire contemporaine de l'Allemagne qui témoigna à l’audience, sur le modèle de l'emblème de l'« Orpo », la police de l'ordre public du Troisième Reich, également active dans la Vallée s’Aoste et dans le Canavese entre 1943 et 1945), Fournier « est venu affirmer, pour répondre à une question de l’avocat de l'Association des Partisans (parties civiles, avec la Région et la Communauté juive de Turin, ndlr.) qu’il aurait éprouvé de l'« embarras » si la communauté locale [de la vallée d’Aoste] avait été représentée par des « buses » [rapaces à la symbolique dévalorisante].

Une réponse, observe le juge dans les motivations, « moqueuse et apparemment anodine qui révèle pourtant la connaissance des symboles utilisés par l’accusé, connaissances qu’il masque par la manière « courtoise et spirituelle » avec laquelle il s’est justifié dès le début de l’enquête. Enfin, la version donnée par Fournier à propos de la plainte déposée par la communauté juive de Turin après l’indignation suscitée par les symboles incriminés est définie par lui comme « maladive », « car elle n'attendait que ça afin de pouvoir intervenir en tant que victime représentant des victimes. »

Aux yeux du juge, en substance, l'accusé « tout en étant conscient d'avoir commis un crime, et un crime particulièrement odieux, aurait exigé que la partie lésée apporte la preuve que ses actes étaient délictueux et de ses intentions ». Pour le magistrat, Fournier mérite pourtant les circonstances atténuantes génériques car « il a en tout cas montré qu'il a désormais pris conscience de la valeur pénale de ses actes et de tout ce que l'affaire a entraîné en termes d'avilissement et de dénigrement du valeurs fondamentales du système civil et démocratique ».

La défense va faire appel

Le juge a donc opté pour l'application de la sanction pécuniaire uniquement, la jugeant « plus conforme, en l’occurrence, aux objectifs et finalités visés à l'art. 27 de la Constitution (sur la rééducation des condamnés). Considérant la peine d'emprisonnement comme extrêmement sévère et, par conséquent, excessive, quoique dans la limite légale (trois mois d'emprisonnement) selon le réquisitoire de Francesco Pizzato, Procureur de la République en charge du dossier. Fournier est défendu par les avocats Enrico Pelillo de Bergame et Danilo Pastore d'Ivrea qui, au vu des motifs, ont annoncé un recours devant la Cour d'appel de la condamnation en première instance.

https://aostasera.it/notizie/cronaca/pr ... elli-nazi/

BOCAGE-INFO - Dépêche N°172/2021

Return to “Forum Révisionniste en Français”

Who is online

Users browsing this forum: No registered users and 2 guests