Un ancien gardien nazi d'Auschwitz inculpé en Allemagne

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Un ancien gardien nazi d'Auschwitz inculpé en Allemagne

Postby phdnm » 3 years 1 month ago (Mon Sep 15, 2014 11:15 pm)

Un ancien gardien nazi d'Auschwitz inculpé en Allemagne


L'homme de 93 ans, qui a été déclaré apte à être jugé il y a quelques mois, est sous le coup de 300.000 chefs d'accusation pour complicité de meurtre.

Publié le 15/09/2014

Il pourrait être l'un des derniers nazis à passer devant un tribunal. L'Allemand Oskar Groening, ancien gardien du camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau, a été mis en accusation lundi par le parquet de Hanovre (nord), révèle ce lundi l'agence de presse américaine AP.

L'homme de 93 ans est accusé de «complicité de meurtres dans au moins 300.000 cas», un nombre calculé en fonction de celui (estimé) de personnes qui sont mortes dans les chambres à gaz entre le 16 mai et le 11 juillet 1944.

Le tribunal de Lüneburg doit maintenant décider de l'ouverture du procès.

Contrairement à la plupart des autres suspects encore en vie, l'officier SS Oskar Groening, qui vit aujourd'hui en Basse-Saxe (Allemagne), n'a jamais caché avoir été gardien dans ce camp construit par les nazis en Pologne occupée. Il assure toutefois n'avoir lui-même jamais participé aux atrocités dont il était témoin.

Dans un entretien au journal allemand Der Spiegel en 2005, il racontait une des scènes d'horreur à laquelle il avait assisté un jour après l'arrivée dd'un convoi de détenus juifs: «Soudain, j'ai entendu un bébé pleurer. L'enfant était couché sur la rampe d'accès, enveloppé dans des haillons. Une mère l'avait laissé derrière, peut-être parce qu'elle savait que les femmes ayant des enfants étaient immédiatement envoyées dans les chambres à gaz. J'ai vu un autre soldat SS attraper le bébé par les jambes. Les pleurs l'avaient dérangé. Il a fracassé la tête du bébé contre la paroi de fer du wagon jusqu'à ce qu'il soit silencieux».

Oskar Groening, lui, était chargé de collecter et comptabiliser l'argent et les autres biens des détenus. Les magistrats de Hanovre, qui ont diffusé un communiqué ce lundi, estiment qu'il était bien un rouage de la machine de destruction lors de son passage à Auschwitz en 1944. Il a selon eux «aidé le régime nazi économiquement, et soutenu les massacres systématiques».

Course contre la montre pour traquer les nazis

En juillet dernier, Johann Breyer, un Américain de 89 ans né en Tchécoslovaquie, était mort dans un hôpital juste avant qu'un tribunal américain n'approuve son extradition vers l'Allemagne. Il était soupçonné d'avoir été gardien du camp d'Auschwitz, ce qu'il avait nié. En décembre 2013, un autre ancien nazi soupçonné d'avoir été gardien dans ce camp, Hans Lipschis, qui faisait partie des dix criminels nazis les plus recherchés par le centre Wiesenthal, avait été considéré come inapte à être jugé par le tribunal de grande instance d'Ellwangen (sud-ouest). Ce dernier avait estimé que l'homme de 94 ans souffrait d'un «début de démence» qui le rendait incapable de suivre son procès. Contrairement à lui, Oskar Groening a lui été déclaré en mars dernier apte à faire face aux juges.

Pour le centre Simon-Wiesenthal, la traque aux derniers criminels nazis est une véritable course contre la montre, les survivants disparaissant peu à peu sans jamais avoir été inquiétés. «Il y a eu environ 6000 personnes qui ont travaillé dans les camps comme gardiens ou dans les Einsatzgruppen (unités mobiles d'extermination). On estime que 2% d'entre elles sont encore en vie, soit 120 personnes, et la moitié ne peuvent pas être poursuivies pour des raisons médicales, cela fait donc 60 restants», estimait en 2013 le directeur du centre, Efraim Zuroff.

Les crimes contre l'humanité sont imprescriptibles outre-Rhin, mais, avant 2011, la justice allemande ne poursuivait pas les gardiens de camp car elle exigeait des preuves. Mais la condamnation en 2011 de John Demjanjuk, ancien garde du camp de Sobibor, a changé la donne. Il a été condamné à 5 ans de prison pour complicité dans l'extermination de plus de 27.000 juifs. Faute de témoins, sa participation aux meurtres n'a pas été prouvée, mais le tribunal a estimé que le seul fait d'avoir travaillé à Sobibor le rendait coupable de complicité de meurtres. Un tournant dans la traque des anciens nazis.


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Re: Un ancien gardien nazi d'Auschwitz inculpé en Allemagne

Postby phdnm » 3 years 1 month ago (Wed Sep 17, 2014 7:39 am)

Procès d'Oskar Groening: combien de nazis encore en liberté?


Entretien avec Serge Klarsfeld, historien et avocat de la cause des déportés juifs en France.

17/09/2014

A 93 ans, Oskar Groening pourrait bien être un des derniers nazis à comparaître devant un tribunal. Déclaré apte à être jugé il y a quelques mois, ce gardien de camp à Auchwitz-Birkenau est accusé de « complicité de meurtre dans au moins 300 000 cas ».

Oskar Groening, ancien gardien dans le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau a été mis en accusation pour complicité de meurtre et pourrait être un des derniers criminels nazis à être jugé devant un tribunal.


Comment peut se dérouler le procès d’un gardien de camp ?

Serge Klarsfeld : Tout comme Oskar Groening, une trentaine de gardiens de camps ont été listés par la justice allemande. Ces derniers employaient des postes très divers avec des niveaux de culpabilité divers également. Il y a encore quelques années, ces personnes n’auraient pas été inculpées mais il y a environ 6 ans, les magistrats allemands ont élargi la notion de culpabilité à la suite du procès d’Ivan Demïaniouk.

Ce dernier a en effet été condamné à plusieurs années de prison car la justice a considéré qu’appartenir à une structure criminelle, quelle que soit la position occupée, aidait à faire fonctionner cette structure criminelle. Ces personnes ne sont alors plus accusées de ce qu’elles ont fait personnellement mais de la position qu’elles ont occupée dans une organisation criminelle.

A la suite du verdict, Ivan Demïaniouk a fait un recours devant la cour fédérale allemande mais il est mort avant que ce recours ne soit examiné.

Cette notion de culpabilité n’a donc été ni confirmée ni démentie par la cour suprême.

Les procès peuvent donc avoir lieu si les présidents des tribunaux acceptent de juger ces personnes, si elles estiment que les charges sont convaincantes et que les accusés sont en état de se défendre.

Or aujourd’hui, ces personnes ont toutes plus de 90 ans et peuvent ne pas être en état de se défendre. Dans ces cas-là, le président de la cour d’assise peut décider d’annuler le procès.

D’autres procès sont-ils en cours actuellement ?

Serge Klarsfeld : Aucun pour le moment. Toutefois, un autre procès nous intéresse vivement, c’est celui d’un exécutant du massacre d’Oradour sur Glane. La présidente de la cour d’assise de Cologne doit donner prochainement sa décision mais elle doit d’abord déterminer si les charges sont convaincantes et si l’accusé est en état intellectuellement et physiquement de se défendre.

Ensuite, même si le procès a lieu, la cour fédérale devrait examiner le verdict afin de définir si, bien qu’un homme n’ait pas été reconnu coupable d’actes criminels, il peut néanmoins être condamné pour appartenance à une structure criminelle.

C’est donc un processus complexe pour ce dernier round puisque tous les criminels encore vivants ont pratiquement tous plus de 90 ans.

Ces mises en accusations sont donc principalement symboliques...

Serge Klarsfeld : Elles manifestent le désir de la société allemande de voir juger des crimes dont elle a compris l’ampleur, comme il y a 50 ans, elle répondait à la volonté des Allemands de ne pas voir juger les grands criminels.

Mais alors que la société allemande demande ces procès, la plupart des criminels sont désormais morts.

Dans les quelques cas semblables à celui d’Oskar Groening, l’accusé est décédé avant le procès. On ne sait donc pas si, un jour, un de ces procès aboutira.

A-t-on aujourd’hui une idée précise du nombre de criminels nazi encore en liberté ?

Serge Klarsfeld : La justice allemande essaie de les répertorier mais la tâche est très difficile.

En général il n’y a pas de preuves, parfois un rapport écrit mais aucun témoin. Il faut alors considérer que l’accusé est coupable mais dans une justice de droit commun, de crime contre l’humanité, on doit établir la responsabilité personnelle. Et dans le cas d’un massacre, il est très difficile de définir précisément le rôle d’un individu.

Les présidents des cours d’assise sont très prudents sur ce type de dossiers et ont aujourd’hui plutôt tendance à attendre que l’inculpé meurt.

Sait-on où se trouvent la plupart de ces criminels aujourd’hui ?

Serge Klarsfeld : Après la guerre, tous sont pratiquement restés en Allemagne ou en Autriche. Certains sont partis en Amérique du Sud, d’autres au Moyen Orient mais c’est une minorité car il n’était pas si facile de quitter le territoire à l’époque.

Nous avons l’exemple de Klaus Barbie, l’exemple d’Eichmann mais ce ne sont que des exceptions.

Quels sont alors les moyens mis en œuvre par la justice pour retrouver ces personnes ?

Serge Klarsfeld : La Justice se plonge dans de gigantesques archives pour trouver des noms, des dates de naissance. Grâce aux fichiers de la sécurité sociale, ces noms et ces dates peuvent diriger vers les individus correspondants. C’est ainsi que la justice allemande, il y a quelques années, a commencé à rechercher les petits exécutants nazis qui n’avaient pas de réputation, pas d’actes d’accusation, qui n’existaient quasiment pas. Ces cas ont été révélés mais aujourd’hui, aucun n’a vraiment été jugé.



Procès d'Oskar Groening: combien de nazis encore en liberté? | JOL Journalism Online Press

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Re: Un ancien gardien nazi d'Auschwitz inculpé en Allemagne

Postby phdnm » 2 years 8 months ago (Wed Feb 04, 2015 12:11 pm)

Oskar Gröning (93 ans), qui va passer en jugement en avril 2015, aurait attesté de l'existence de chambres à gaz nazies à Auschwitz.



Mais, selon deux correspondants, Gröning n'aurait nullement parlé de telles chambres à gaz.


1) Un correspondant portugais du nom d'A.S. Marques m'a immédiatement envoyé la rectification suivante :

Dans le film de la BBC, Oscar Gröning ne mentionne pas du tout avoir vu les chambres à gaz. Ces mots ont été ajoutés par le faussaire Laurence Rees, producteur du film, comme je l'ai remarqué ici:
http://www.fpp.co.uk/Letters/Auschwitz/Marques_150405.html

Voyez les explications embarrassées du faussaire sur un blog de ses amis et correspondants -- "the transcript correctly represents what Mr Groening said in his interview. He did say he had seen the gas chambers. But these words were not used in the final edited sequence of the film" -- suivies d'une petite discussion sur le sujet où je suis intervenu, ici:
http://holocaustcontroversies.blogspot.pt/2006/04/i-have-seen-gas-chambers-i-have-seen.html


****** CITATION ******


ASMarques said...

Don't you find it strange that Groening can be heard both before and after the supposed words "I've seen the gas chambers"?

Why would they have edited out of the soundtrack precisely those words, leaving the next words "I've seen the crematoria" and so on, with the list of what he had seen except for the gas chambers?

And if the words are not there and were in fact subreptitiously added to the transcript in order to be featured in the foreign dubbed versions, how come Groening would have forgotten the main Auschwitz "attraction" precisely when he was describing what he had personally seen with his own eyes, i.e. the most outlandish unbelievable items of all?

The BBC producer Laurence Rees says Groening mentions "gas chambers" elsewhere on his footage. Not true. Not once in the whole final product of Rees's efforts. He can only be referring to unreleased footage, but if so why would he have edited the relevant part out of his final version, only to add the words later, in a different place where Groening doesn't pronounce them at all and actually talks about something else?!

Unbelievably idiotic negligence on Rees's part, or simply another lie, underlining the lack of convincing explicit footage due no doubt to a very understandable sense of shamed hesitation on Groening's part?

Very odd indeed. Here is my take on the subject:

The words were not there, in the original soundtrack, because Groening is just another poor guy who was fetched and blackmailed into activity against his best wishes, in order to "keep the memory alive". He was half-heartedly doing what was expected of him, while nevertheless managing to avoid going all the way and confirming the "gas chambers".

Do I have to remind you of Hoess's working-hands going into the same gas chambers, "smoking cigarettes and eating sandwiches"?

Now, why would Hoess tell us such idiocies instead of simply "hey, folks, I'm actually being forced to tell you a pack of lies"?...

I leave the answer to your imagination. Not much is required.

Back to the 21st century and the latest Jack-in-the-Holocaust-box, Oskar Groening.


So they simply edited the words into poor Groening's mouth in the official distributed text, as Rees now seems to be confessing in his correspondence with your blog here. That same text, of course, was the one used for the foreign dubbings, and that's that. Anything goes in the happy-go-free world of serious "Holocaust" publishing & broadcasting...

Unfortunately for Rees, in the original English version both the superposed English comment and the German words that can be heard beneath it (if you rewind and pay close attention) give the game away: the "gas chambers" words are definitely not there.

Now, Rees didn't get away with it, and therefore, neither did Groening for long. He probably is singing the right tune now and will do all that is required of him, but the question remains: since both Groening's voice and the superposed English comment agree in the soundtrack and leave the gas chambers out, what do you call the transcript deemed to have miraculously created those words backwards in time?...

Don't be afraid of the words: it's called a FALSIFICATION.


****** FIN DE CITATION ******


Correction : Oskar Gröning n'a pas dit, comme le prétend la BBC en 2015, dans son interview diffusée sur la BBC en 2005 : "J'ai vu les chambres à gaz". Il parlait seulement des camps de concentration et des "offene Feuerstellen". Écoutez la vidéo. Le reportage de la BBC de 2015 est tronqué, la vidéo de la BBC de 2005 le démontre.

2015:

Laut BBC über den O-Ton von Oskar Gröning 2005:

Ich sah die Gaskammern. Ich habe die Krematorien gesehen. Ich sah die offenen Feuer. Ich war auf der Rampe, wo die Selektionen [für die Gaskammern] stattfanden.“

http://www.bbc.com/news/world-europe-31090925

(…)

'I saw the gas chambers'

Groening, who began work at Auschwitz aged 21, does not deny witnessing the mass killing at Auschwitz. In 2005 he told the BBC: "I saw the gas chambers. I saw the crematoria. I saw the open fires. I was on the ramp when the selections [for the gas chambers] took place. "I would like you to believe these atrocities happened - because I was there."

+++

2005:

Interview der BBC mit Oskar Gröning in der Doku 2005: Tatsächlicher Wortlaut von Oskar Gröning: Keine Gaskammern.

Interview of the BBC with Oskar Gröning in the documentary 2005: actual wording by Oskar Gröning: no gas-chambers.


http://www.youtube.com/watch?v=gVfFHJE0e1g (ab/starting 0:35 min)

„Weil ich den Leugnern sagen will: Ich habe die Krematorien gesehen. Ich habe die offenen Feuerstellen gesehen. Ich möchte… geschehen sind. Ich war da.“

„Because I want to tell those deniers: I have seen the crematories. I have seen the burning pits. And I want you to believe me that these atrocities happened. I was there."



Mon opinion (RF) : Personnellement, je m'intéresse aux PREUVES. Je n'ai jamais trouvé une seule preuve de l'existence et du fonctionnement d'une seule de ces prodigieuses armes de destruction massive.

J'ai eu beau les réclamer à tout propos et sur tous les tons. On m'a répondu par des coups, des insultes, des procès ou par cette déclaration de 34 historiens français : "Il ne faut pas se demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible. Il a été possible techniquement puisqu'il a eu lieu" ("La politique hitlérienne d'extermination : une déclaration d'historiens", Le Monde, 21 février 1979, p. 23).

En soixante dix ans, pas un seul magistrat, en France ou à l'étranger, n'a ordonné une expertise de la scène du crime et de l'arme du crime, à une exception près : dans le cas de la chambre à gaz et des gazés du Struthof (Alsace) ; et là, les conclusions déposées le 1er décembre 1945 par le toxicologue René Fabre, doyen de la Faculté de pharmacie de Paris, ont été totalement négatives.

Du coup, plus aucun magistrat n'a voulu courir le risque d'une semblable mésaventure. Robert Faurisson

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Re: Un ancien gardien nazi d'Auschwitz inculpé en Allemagne

Postby phdnm » 2 years 6 months ago (Fri Apr 17, 2015 7:16 am)

Allemagne : le comptable d'Auschwitz jugé 70 ans après


Oskar Gröning, qui aura 94 ans le 10 juin, sera jugé pour "complicité de meurtres aggravés". Son procès est le dernier prévu d'un ancien nazi.

17/04/2015

L'ancien comptable d'Auschwitz comparaît à partir de mardi en Allemagne et pourrait être le dernier soldat du IIIe Reich à répondre des crimes du nazisme, marquant la fin d'une épopée judiciaire au bilan controversé. Oskar Gröning, qui aura 94 ans le 10 juin, sera jugé pour "complicité de meurtres aggravés" par le tribunal de Lunebourg (nord). On l'accuse d'avoir contribué à l'envoi dans les chambres à gaz de 300 000 juifs hongrois déportés au printemps 1944 vers le camp d'Auschwitz, en Pologne occupée, devenu le symbole mondial de la Shoah. Son procès, 70 ans après la libération des camps de concentration et d'extermination, est le dernier prévu d'un ancien nazi. Une douzaine d'enquêtes préliminaires sont en cours en Allemagne, mais leurs chances d'aboutir sont compromises par l'âge des suspects.

Engagé dans les Waffen SS en 1941, transféré dans l'administration d'Auschwitz en 1942, Gröning jure n'avoir "jamais donné une gifle" à quiconque. L'accusation ne lui reproche d'ailleurs aucune violence directe, mais le dépeint en "rouage" de l'extermination. On lui reproche d'avoir trié les devises des déportés pour les envoyer à Berlin et d'avoir assisté au moins une fois à la "sélection" séparant, à l'entrée du camp, les déportés jugés aptes au travail de ceux qui étaient immédiatement tués. En "gardant les bagages" du précédent convoi pour les soustraire aux yeux des nouveaux arrivants, le jeune sergent a évité un mouvement de panique et sciemment favorisé une mise à mort sans heurts, affirme le parquet.

"Jusqu'au dernier souffle"

La tenue du procès Gröning, qui durera au moins jusqu'à fin juillet et attire des médias du monde entier, du New York Times aux télévisions russes, illustre la sévérité accrue de la justice allemande à l'égard des derniers nazis. "L'aspect positif, c'est la volonté de juger les criminels nazis jusqu'au dernier souffle. Mais, puisqu'il est trop tard pour les décisionnaires, on étend la notion de culpabilité à un point qui ne me plaît pas", déplore l'avocat et "chasseur de nazis" Serge Klarsfeld. Le tournant remonte à 2011, avec la condamnation à cinq ans de prison pour "complicité de 27 900 meurtres aggravés" de John Demjanjuk, ancien gardien de Sobibor. Une condamnation basée sur sa seule fonction au sein du camp, sans preuve d'actes criminels précis.

Prononcé à Munich (sud), ce verdict a relancé une cinquantaine de procédures contre des gardiens qui n'avaient jamais été inquiétés. Gröning, témoin dans trois procès, a lui-même bénéficié d'un non-lieu en 1985. Sa mise en cause tardive confirme la rupture avec la ligne des tribunaux allemands pendant des décennies, souvent jugée trop indulgente. L'écrivain et journaliste Ralph Giordano y avait même vu une "deuxième faute" historique de l'Allemagne. Faute d'introduction dans la loi des "crimes contre l'humanité", les juges exigeaient la preuve d'une participation directe à un crime, et ne condamnaient pour "meurtre aggravé" que les accusés ayant tué de leur propre chef ou avec une cruauté particulière. Les autres étaient jugés pour "complicité".

"Chaque victime a un visage et un corps"

En 1966, le chef du département administratif d'Auschwitz, qui avait fourni le Zyklon B utilisé dans les chambres à gaz, avait par exemple été condamné à huit ans de prison. Un kapo qui avait battu à mort un autre déporté s'était vu infliger l'année suivante la perpétuité. Si la justice avait appliqué les critères actuels, "des dizaines de milliers de citoyens allemands" auraient dû comparaître, calculait l'universitaire Cornelius Nestler lors du procès Demjanjuk. Or seules 6 656 condamnations ont été prononcées depuis 1945, sur des fondements allant de la dénonciation mensongère au meurtre, avec 91 % de peines inférieures à cinq ans de prison, selon l'historien Andreas Sander.

Avec une cinquantaine de parties civiles à Lunebourg, le procès permettra aussi aux survivants et proches des victimes de la Shoah de rendre à leurs défunts "une voix", expliquait Thomas Walther, l'un de leurs avocats, à l'agence de presse allemande DPA. "Chacun de nous tente de mesurer l'énormité du crime et nous n'y parvenons pas", soulignait Cornelius Nestler en 2011, invitant son auditoire à détailler la photo d'un groupe de femmes et d'enfants conduits aux chambres à gaz de Treblinka.

"Chaque victime a un visage et un corps, ce n'est pas seulement l'une des 100, 3 000 ou même 1,5 million de personnes assassinées, chacune est un être humain", insistait Cornelius Nestler, qui représentera les parties civiles lors du procès Gröning. Quelque 1,1 million de personnes, dont environ un million de juifs d'Europe, ont péri entre 1940 et 1945 dans le camp d'Auschwitz-Birkenau. Le 27 janvier, les dirigeants du monde entier ont marqué avec quelque 300 derniers survivants le 70e anniversaire de sa libération par l'armée soviétique.


http://www.lepoint.fr/societe/allemagne ... 184_23.php

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Re: Un ancien gardien nazi d'Auschwitz inculpé en Allemagne

Postby phdnm » 10 months 3 weeks ago (Mon Nov 28, 2016 8:28 am)

Peine confirmée pour Oskar Gröning


28/11/2016

La justice allemande a confirmé la peine de quatre ans de prison infligée à l'ancien comptable d'Auschwitz de 95 ans, condamné pour «complicité» dans le meurtre de 300 000 Juifs.

La Cour fédérale de Karlsruhe (sud-ouest) a rejeté «le 20 septembre» le pourvoi en cassation déposé par le nonagénaire après sa condamnation en juillet 2015 par le tribunal de Lunebourg (nord), a indiqué l'avocat d'Oskar Gröning, qui dit avoir reçu «ce matin» la décision de la Cour suprême allemande qui rend le jugement définitif. La Cour a également rejeté le pourvoi de plusieurs parties civiles qui contestaient le jugement. Cette décision était très attendue par les juristes allemands car elle confirme pour la première fois un jugement pour «complicité» dans l'Holocauste, sans preuve d'actes plus précis dans le processus d'extermination.

Condamné en 2011 à cinq ans de prison pour complicité en vertu de sa seule présence au sein du camp, John Demjanjuk, ex-gardien de Sobibor, s'était déjà pourvu en cassation. Mais il était décédé pendant l'examen de son pourvoi, sans que la Cour n'ait pu trancher son cas et valider ou invalider cette conception élargie de la responsabilité. «Cette décision (...) dit finalement de façon claire que tous ceux qui ont fait partie» du processus d'extermination d'Auschwitz «partagent la responsabilité et la culpabilité», a estimé dans un communiqué Christoph Heubner, du Comité international d'Auschwitz. «Cela va lancer un message durable pour les futurs procès liés au génocide», a-t-il ajouté.

«Faute morale»

Le pourvoi en cassation étant suspensif, Oskar Gröning est actuellement libre. Le Parquet va maintenant déterminer si l'état du nonagénaire est compatible avec la détention, ce qui semble peu probable compte tenu de son âge. Oskar Gröning, qui avait assumé une «faute morale» et présenté ses excuses, avait été condamné le 15 juillet 2015 à quatre ans de prison pour avoir accepté «un travail de bureau sûr» à Auschwitz, camp emblématique de l'Holocauste.

L'Allemagne a jugé ces dernières années plusieurs anciens nazis dans des procès qui illustrent la sévérité accrue, mais tardive, de la justice à leur égard. Quelque 1,1 million de personnes, dont un million de Juifs, ont péri entre 1940 et 1945 à Auschwitz-Birkenau, libéré par les Soviétiques fin janvier 1945.


http://www.lessentiel.lu/fr/news/europe ... g-23671931

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Re: Un ancien gardien nazi d'Auschwitz inculpé en Allemagne

Postby phdnm » 2 months 2 weeks ago (Wed Aug 02, 2017 7:09 am)

Un ex-comptable d'Auschwitz de 96 ans déclaré apte à la détention


Oskar Gröning, ancien SS et comptable d'Auschwitz de 96 ans, est apte à purger sa peine de quatre ans de prison en dépit de son âge, a appris mercredi l'AFP auprès du parquet allemand.

02/08/2017

"Le parquet a rejeté une demande de la défense pour (commuer la peine) en sursis" a indiqué Kathrin Söfker, porte-parole du procureur de Hannovre.

Le parquet a pris sa décision en tenant compte d'une expertise médicale.

"Le médecin a conclu que l'emprisonnement est en principe envisageable si certaines conditions sont remplies," a précisé Kathrin Söfker. Le centre de détention devra notamment mettre à disposition équipements et soins médicaux appropriés.

"L'exécution de la peine n'a cependant pas encore été ordonnée," a précisé la porte-parole. "Le parquet devra encore statuer là-dessus."

"Complicité" dans le meurtre de 300 000 juifs

En 2015, Oskar Gröning avait été condamné à quatre ans de prison pour "complicité" dans le meurtre de 300 000 juifs. Il avait pendant son procès présenté ses excuses et évoqué une "faute morale."

Plusieurs anciens nazis ont été jugés en Allemagne au cours des dernières années pour des faits similaires, illustrant la sévérité accrue, mais très tardive, de la justice allemande.

Environ 1,1 million de personnes, dont 1 million de juifs, sont mortes au camp d'Auschwitz-Birkenau entre 1940 et 1945.


https://www.rtbf.be/info/societe/detail ... id=9674324


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